Les Geneva Seahawks veulent revenir sur le devant de la scène

26 Feb - Football US - Vincent Ulrich

Football US - Sport encore méconnu en Europe, le football américain cherche à se faire une place dans le paysage sportif suisse. A Genève, les Seahawks tentent de populariser la discipline, à quelques milliers de kilomètres des Etats-Unis, mais butent encore sur un manque de visibilité et des lacunes dans les résultats. Le point avec le président du club Fabrice Pranzo et son nouveau coach Larry Legault.

Ultra-médiatisé sur ses terres d’origines, le football américain est le roi du show sportif en Amérique du Nord. Déclassant tant la Coupe Stanley de hockey sur glace que les World Series de baseball, le SuperBowl, la finale du championnat de National Football League (NFL), fait partie des dix évènements sportifs les plus regardés de la planète. En effet, le 7 février 2016, 111.9 millions d’américains étaient devant leur téléviseur pour suive le match en direct. Mais comment se fait-il qu’un sport si populaire aux USA soit si méconnu dans nos contrées ?

Manque d’intérêt

La réponse est simple selon le président des Geneva Seahawks, Fabrice Pranzo : « C’est un peu toujours les mêmes phrases qui reviennent : “on comprends rien, ça s’arrête tout le temps“. » Effectivement, le football américain paraît, au premier abord, être un jeu saccadé. Entre chaque mise en jeu, qui durent à peine quelques secondes, les équipes possèdent 40 secondes pour remettre la balle en jeu.

Ce facteur n’est pas la seule explication possible du manque d’intérêt que subit le football américain en Suisse. On peut, par exemple, admettre que ce sport représente à 100% la culture américaine. Ceci implique le “show“ mais aussi une certaine désinhibition.

Celle-ci peut être caractérisée par la violence des chocs comme par le côté superficiel des célébrations à outrance. Aux Etats-Unis, les joueurs de football se permettent de célébrer avec des danses et autres gestes n’importe quelle phase de jeu réussie. Ces comportements peuvent gêner ici en Europe, où l’on se plaint assez des comportements exubérants de certains footballeurs.

Une fois ce constat du manque de popularité ancré, quelles peuvent être les pistes à explorer pour faire développer ce sport à l’échelle genevoise ? Plusieurs programmes sont mis en place par le président Pranzo et son staff. Depuis maintenant deux ans, les Geneva Seahawks possèdent des équipes de flag-football (football américain sans contact) pour les jeunes, afin de pallier la loi suisse qui interdit la pratique de ce sport aux moins de 14 ans.

De plus, le club est entrain de mettre sur place une campagne de présentation dans certaines écoles primaires du canton dans le cadre de la troisième heure de gymnastique. Ce partenariat avec le Département de l’Instruction Publique devrait permettre une meilleure connaissance du football chez les enfants et pourrait voir le jour pour la rentrée 2016-2017.

Absent des médias

Malgré ces plans d’action, les Geneva Seahawks butent sur un point crucial à leur développement et à celui, plus large, de leur discipline dans le pays : la médiatisation.

Dans la presse genevoise, de nombreux sports, dits “classiques“ sont représentés quasi-quotidiennement : le football, le ski, le hockey sur glace, le tennis et, moins régulièrement, le basketball ou le volleyball. Mais, comme nous le confirme Fabrice Pranzo, les Seahawks et le football américain sont à la peine : « Dans les années 1990, on avait une page dans le télétexte, on avait un reportage toutes les deux semaines à la TSR. Ça a énormément contribué à faire grandir ce sport. Ensuite, ça s’est étouffé car c’est un sport marginal. »

Quand bien même on peut se plaindre de ce manque de visibilité médiatique, une partie de l’explication est à chercher du côté des résultats de la première équipe, qui évolue “seulement“ en LNB (deuxième division). Ainsi, on peut supposer qu’une promotion en LNA augmenterait fortement les chances des Seahawks de mieux paraitre dans le paysage médiatique genevois.

Le président continue : « Les Seahawks sont associés à la Course de l’Escalade, ça fait partie du paysage habituellement des coureurs de nous voir. Les autres liens qu’on va avoir, ce sera avec les sports américains. On a pu se présenter une ou deux fois à la patinoire des Vernets pendant les pauses. On se sert de ça et ils sont totalement ouverts pour nous aider. » La survie du club passe donc par une association avec les sports et les évènements les plus médiatisés. En attendant, peut-être, d’attirer l’attention des médias par leurs performances sportives.

Retourner en LNA le plus vite possible

En ce qui concerne les objectifs à proprement parler du club genevois, la clarté est de rigueur : « L’objectif premier de l’équipe est de se mériter une place en LNA, donc il faut remporter la LNB. Mais ce n’est pas quelque chose qui va planer au-dessus de ma tête à chaque match. Le plus important c’est de progresser et de travailler avec les jeunes. Pour eux, il n’y a aucun objectif de performance, ce sont des objectifs de formation » nous raconte Larry Legault, nouveau coach et directeur technique des Seahawks.

Pour ce faire, l’entraineur canadien pourra compter sur un contingent d’environ 45 joueurs (sous réserve de départs ou de nouvelles arrivées). Une équipe de football américain se compose de deux, voire trois, équipes distinctes : onze joueur d’attaque, onze joueurs de défense et, si possible, une formation spéciale qui effectue les coups de pieds et autres phases de jeu spéciales.

En plus de cela, le coach Larry Legault peut compter sur un club ambitieux qui veut améliorer ses infrastructures. Des discussions sont en effet en cours avec les autorités autour de la création d’un terrain synthétique de football américain (praticable aussi pour les rugbymen) au centre sportif de Vessy afin de pallier l’absence de terrains praticables durant l’hiver.

La nouvelle saison de LNB des Geneva Seahawks commence le 3 avril prochain avec la réception des Thun Tigers à Vessy.

(Les deux interviews seront disponibles prochainement et dans leur intégralité sur Titulaire.ch) - VU